Lundi 29 Août : Buzan > Juget d'Izaut (Cazaunous) -  28  km


   Lien avec l'étape sur le site VPPYR



Je veux mourir pour tes beautés, Maîtresse

Je veux mourir pour tes beautés, Maîtresse,
Pour ce bel oeil, qui me prit à son hain,
Pour ce doux ris, pour ce baiser tout plein
D’ambre et de musc, baiser d’une Déesse.

Je veux mourir pour cette blonde tresse,
Pour l’embonpoint de ce trop chaste sein,
Pour la rigueur de cette douce main,
Qui tout d’un coup me guérit et me blesse.

Je veux mourir pour le brun de ce teint,
Pour cette voix, dont le beau chant m’étreint
Si fort le coeur que seul il en dispose.

Je veux mourir ès amoureux combats,
Soûlant l’amour, qu’au sang je porte enclose,
Toute une nuit au milieu de tes bras.

Pierre de Ronsard
 



A la sortie de Buzan, je passe devant cet oratoire dédié à saint-Jean Baptiste.


La journée s'annonce belle et les paysages vont m'enchanter...


Vue sur le village d'Orgibet un peu en contrebas, puis j'arrive à Saint-Jean du Castillonais
où je laisse le GR qui va vers Saint-Lary et je continue par une petite route qui me conduit
à Galey, très joli village avec une très belle vue sur les montagnes alentour.



Le village de Galey.


 Un peu plus loin vers le hameau d'Escarchein, je retrouve le GR qui vient de Saint-Lary.



J
'arrive en vue du village de Portet d'Aspet où je vais faire ma pause déjeuner avec
pain, pâté et fromage achetés dans le village de Galey, devant un panorama grandiose !
On est maintenant entré dans le département de la Haute-Garonne.


J'ai commencé l'ascension du
Col de Portet d'Aspet et je trouve cette chapelle sur le chemin.


Dans la vallée le village de Portet d'Aspet...


L'arrivée au col après une montée en paliers assez facile.
Le bar est ouvert et j'apprécie de boire un Coca bien frais
et d'échanger un moment avec le patron.





La descente du col se fait par des sentiers en pleine forêt.
C'est un parcours très isolé et sauvage avec une vue magnifique sur le
Pic de Cagire
et les montagnes alentour.





Le voyageur à pied est en quête de noms, celui du village à venir, du lieu-dit, jalons de sens
qui humanisent le parcours et font sortir le monde du chaos où il se complaisait.
 "Je te demande comment s'appelle cette descente ? "
Le petit berger est effaré et manifestement ne sait que dire.
Il baisse les yeux, rougit jusqu'aux oreilles et se frotte le genou.
Enfin, dans un souffle, il se décide à répondre :"Elle n'a pas de nom".

Il faut en effet parfois réduire son ambition, chaque fragment du monde n'est pas nommé,
il règne encore des haies inconnues ou des champs anonymes, des plaines ou des vallées
que nul n'a songé à baptiser.

Et puis la destinée de tout homme est seulement de connaître une poignée de noms
parmi leur nombre infini, il faut donc s'adresser à la bonne personne,
celle qui sait précisément celui que l'on cherche.
Comment s'appellent ce hameau, le ruisseau là-bas, la rivière, le bois, et les habitants de ce village ?

Il s'agit de se repérer devant l'énigme des lieux, se retrouver dans les taches de couleur
et les lignes de la carte ou des paysages, calculer au regard de l'échelle le chemin déjà parcouru,
celui qui reste à accomplir, évaluer les efforts à fournir...

 
David Le Breton "Eloge de la Marche"

 



  
J'aperçois 2 chamois qui détalent dès qu'ils m'aperçoivent...


Les villages dans la vallée que je vais bientôt rejoindre :
Escabiros, Razeceuillé et Sangouagnet.


L'église de Razecueillé.
Il y a ensuite le col de Buret (599 m), la traversée du village de
Juget d'Izaut
et encore 2 km avant d'arriver à Cazaunous.




L'arrivée au gîte...et fin de l'étape...
Une des plus belles de ce Chemin !

 

Gîte "La Moulette" à Cazaunous
( Chez Jean-Pierre et Mathilde Turmo - Tél. 05 61 88 84 01 )

Très bon accueil et bonne cuisine
Chambre individuelle - Dîner et petit déjeuner servis sur place
5 Coquilles

 


Chanson de la plus haute tour

Oisive jeunesse
A tout asservie,
Par délicatesse
J'ai perdu ma vie.
Ah ! Que le temps vienne
Où les coeurs s'éprennent.

Je me suis dit : laisse,
Et qu'on ne te voie :
Et sans la promesse
De plus hautes joies.
Que rien ne t'arrête,
Auguste retraite.

J'ai tant fait patience
Qu'à jamais j'oublie ;
Craintes et souffrances
Aux cieux sont parties.
Et la soif malsaine
Obscurcit mes veines.

Ainsi la prairie
A l'oubli livrée,
Grandie, et fleurie
D'encens et d'ivraies
Au bourdon farouche
De cent sales mouches.

Ah ! Mille veuvages
De la si pauvre âme
Qui n'a que l'image
De la Notre-Dame !
Est-ce que l'on prie
La Vierge Marie ?

Oisive jeunesse
A tout asservie,
Par délicatesse
J'ai perdu ma vie.
Ah ! Que le temps vienne
Où les coeurs s'éprennent !

Arthur Rimbaud
 

 

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